Jim Reynolds Le Sensai

jim reynolds CARRE

Naissance : 1994

Nationalité : Américain

A commencé l’escalade à 12 ans.

Disciplines : solo intégral aller et retour, solo auto-assuré, speed-climbing

Jim Reynolds est un jeune grimpeur de 25 ans originaire de Weaverville, en Californie.

Signes particuliers : il porte des lunettes rectangulaires, en toutes circonstances. Il joue de la mandoline, et plus particulièrement des interprétations de Slayer, un groupe de thrash metal américain. Il adhère à la philosophie et à la discipline Samouraï qui promeut la pleine conscience de l’instant présent et développe une parfaite connexion entre l’esprit et le corps et, en guise de renforcement mental, passe des heures à s’entrainer au maniement d’un katana en bois (sabre japonais des Samouraï) dans la forêt derrière le camp du YOSAR (Yosemite Search and Rescue). Enfin, il connaît le Yosemite comme sa poche.

L’histoire de Jim avec le Yosemite a débuté en 2005, quand il avait 12 ans et que sa tante l’a emmené là-bas et inscrit à un stage avec la « Yosemite Mountaineering School ». Il découvre alors l’escalade, et se rêve aussitôt grimpeur. Mais il lui faudra patienter jusqu’à l’âge de 17 ans où, ayant terminé le lycée à San Luis Obispo (Californie), il peut enfin découvrir les joies du bloc sur le site voisin de Bishop Peak. Et concrétiser ses envies de grimpe qui attendent depuis plusieurs années.

Yosemite

Dès 2011, son diplôme de management en poche, Jim retourne chaque année grimper au Yosemite, et progresse. En 2015, il décroche un job de guide de randonnée à la « Yosemite Mountaineering School » de ses débuts… Et l’année suivante, intègre l’équipe du YOSAR comme secouriste, grâce à son talent en escalade et son excellente connaissance des lieux. Depuis 2016, Jim a participé à des dizaines de secours au Yosemite. Autant dire qu’il connait les dangers de la montagne et leurs possibles conséquences. « J’ai vu à quoi on ressemble quand on s’écrase au sol après une chute de 300 mètres. Ces images macabres sont en moi pour toujours ».

Mais Jim s’en accommode, malgré son penchant prononcé pour le solo, le speed climbing et les ascensions extrêmes ! Ce qui l’a amené à bien s’entendre avec Brad Gobright quand il l’a rencontré en 2013, à Squamish. Ensemble, ils connaitront une courte gloire en devenant détenteurs du très convoité record de vitesse sur le Nose en octobre 2017 (après 10 répétitions de la voie pour s’entrainer), parcourant près de 1000 mètres de paroi verticale en 2h19mn44s. Alex Honnold et Tommy Caldwell pulvériseront ce record le 6 juin 2018 en passant sous la barre des 2h.

Solo intégral

En mars 2019, Jim a inauguré une nouvelle forme de solo intégral extrême qui fera date dans l’histoire de l’escalade en réalisant l’ascension de la voie Afanassieff (6a+, 1550 m) sur le FitzRoy, sommet emblématique de Patagonie. À vue, en solo intégral, et surtout en aller-retour, ce qui n’avait jamais été fait, c’est-à-dire en désescaladant toute la voie en quelques 16 heures d’effort et de concentration. Le tout en Patagonie, bout du monde réputé pour ses météo instables, sur un itinéraire long en terrain alpin hautement aléatoire, sans casque, ni baudrier, ni topo. Ce qui était une éthique suprême pour Paul Pruss, fervent adepte du solo en aller-retour, est plutôt pour Jim une manière très personnelle de s’exprimer en tant que grimpeur et de se sentir en accord avec lui-même, et en communion parfaite avec la montagne. C’est comme ça qu’il se sent bien ! Et selon lui, ça n’a pas à être glorifié ou condamné. « Mon art est la combinaison de notre humanité avec la splendeur de la nature brute. C’est comme danser dans un tableau » explique-t-il.

Et que répond-il aux détracteurs qui prétendent que la corde emportée au cas où dans son sac, même s’il ne l’a pas utilisée, enlève quelque chose à son solo intégral ? « Bien sûr que si, j’ai fait le Fitz Roy en solo intégral. Mais est-ce que j’aurais pu le faire dans un style encore meilleur ? Est-ce que j’aurais pu pousser le solo à un niveau encore plus élevé ? Bah, ouais. J’aurais pu le faire pieds nus et torse nu. Ou à poil. »

Palmarès

“Cosmos“ (VI 5.7 A4) en solo auto-assuré, en 11 jours.

Enchaînement à la journée, en solo intégral, de “Galactic Hitchhiker“ (V 5.11b/6c+), “Steck-Salathé“ (V 5.10b/6a+), et “East Buttress of Middle Cathedral“ (IV 5.10c/6b) (en 2015).

Record de vitesse sur le “Nose“ (El Cap, Yosemite) avec Brad Gobright en 2h19mn44s.

Solo intégral sur l’arête ouest de l’aiguille Rafael Juarez, massif du Fitz Roy, Patagonie : ascension par la voie “Filo Oeste“ (5.11a), descente par la voie “Anglo-Américaine“ (5.11b) (mars 2019).

Solo intégral sur l’aiguille Saint-Exupéry, massif du Fitz Roy, Patagonie : ascension par la voie “Chiaro di Luna“ (5.11a), descente par la voie “Kearney-Harrington“ (5.10b) en face nord (mars 2019).

Solo intégral de la voie Afanassieff (6a+, 1550 m), Fitz Roy, Patagonie, en aller-retour (21 mars 2019).

Jim Reynolds dans les films Reel Rock

The Nose Speed Record (2019)